La mémoire des soldats du général Maczek toujours vivante : cérémonies commémoratives à Urville-Langannerie et Potigny
23.08.2026
Le dimanche 23 août 2026, le cimetière militaire polonais d'Urville-Langannerie et la commune de Potigny ont accueilli deux cérémonies en hommage aux soldats de la 1re Division blindée du général Stanisław Maczek, tombés lors des combats de la poche de Falaise-Chambois. Leur sacrifice contribua à l'encerclement des forces allemandes, à l'ouverture de la route vers la Seine aux troupes alliées et à l'accélération de la libération du nord de la France.
Les commémorations ont débuté au cimetière militaire d’Urville-Langannerie, en présence des autorités françaises, représentées notamment par M. Stéphane Sinagoga, secrétaire général de la préfecture du Calvados. Étaient également présents des parlementaires, des maires, des élus locaux, des porte-drapeaux et des représentants d’associations patriotiques. Côté polonais, des délégations de la 11e Division de cavalerie blindée de Żagań et de la 10e Brigade de cavalerie blindée de Świętoszów ont pris part à la cérémonie. L’Ambassade de Pologne à Paris était représentée par le colonel Sławomir Zdunek, adjoint à l’attaché de défense, et Mme Patrycja Marcinkowska, vice-consule. Dans son discours, cette dernière a notamment rappelé les paroles de l’historien romain Tacite : « Le tombeau des morts est le cœur des vivants », soulignant l’importance de préserver la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.
Le cycle des commémorations s’est poursuivi à Potigny, devant le monument dédié aux libérateurs de la commune. Avant la Seconde Guerre mondiale et dans les décennies qui suivirent, Potigny fut l’un des principaux foyers de l’émigration polonaise en Normandie. De nombreuses familles polonaises y vinrent travailler dans les mines de la Compagnie des mines de Normandie (CMN). Une communauté polonaise nombreuse et active s’y développa, soucieuse de préserver sa langue, ses traditions et sa culture.
À l’été 1944, l’histoire de Potigny s’est de nouveau étroitement mêlée à celle de la Pologne : la commune fut libérée par les soldats de la 1re Division blindée du général Maczek. Pour ses habitants d’origine polonaise, cet événement revêtait une signification toute particulière : après les difficultés de l’émigration et les épreuves de la guerre, ils purent accueillir en libérateurs des soldats qui parlaient leur langue maternelle. Comme l’a souligné Mme Hélène Lemarchand, maire de Potigny, le souvenir de cet événement demeure un élément important de l’histoire locale et du patrimoine commun qui unit les peuples polonais et français.