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Conférence "De la tolerance a l'hospitalité"

25.03.2026

L'Ambassade polonaise en partenariat avec l'Académie du Royaume du Maroc a organisé le 25 mars à Rabat, a l'occasion du 40. anniversaire de la visite du pape Jean Paul II au Maroc, une conférence sur l'héritage du dialogue entre Jean Paul II et Hassan II intitullée : De la tolerance à l'hospitalité.

Le vice-ministre Marcin Bosacki prend la parole.

Des représentants des milieux scientifiques, académiques et religieux ont participé à l’événement, y compris des membres de l’Académie du Royaume du Maroc comme Mohammed Noureddine Affaya ou Ahmed Chahlane, du côté polonais étaient présents entre autres Marcin Bosacki – secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, Jan Ostrowski – président de l’Académie polonaise des Arts et Sciences et le cardinal Grzegorz Ryś – archevêque de Cracovie.
Les panélistes marocains ont souligné l’importance du dialogue interreligieux comme outil de construction de la compréhension mutuelle, en insistant sur le rôle du Maroc comme espace de coexistence des traditions religieuses et comme passerelle entre le monde islamique et le christianisme. Dans leurs interventions, ils ont particulièrement mis en avant la visite de Jean-Paul II en 1985 comme un événement marquant ayant durablement influencé le développement du dialogue interreligieux contemporain. Ils ont également souligné l’importance des relations polono-marocaines, mettant en évidence leur évolution et le potentiel d’un approfondissement futur de la coopération sur les plans culturel, politique et académique.
Mohammed Noureddine Affaya a attiré l’attention sur la similitude entre la pensée du pape et l’approche du philosophe musulman médiéval Ibn Rochd, qui insistait sur la combinaison de la raison et de la foi pour parvenir à la réconciliation entre les religions.
Le chercheur du dialogue interreligieux Farid El Asri, en présentant la visite du pape comme un moment clé de la diplomatie religieuse contemporaine, a souligné l’importance des gestes symboliques du pape, tels que le baiser de la terre marocaine ou l’usage de la langue arabe, ainsi que la dimension pratique du dialogue destiné à la jeunesse marocaine.
Les panélistes polonais ont mis en avant l’importance historique et contemporaine de l’héritage de Jean-Paul II pour le dialogue interreligieux et interculturel.
Le professeur Jan Ostrowski a présenté le contexte historique des contacts entre l’ancienne Pologne et le monde islamique, en montrant à la fois les conflits militaires et les échanges pacifiques, commerciaux, diplomatiques et culturels. Dans ce contexte, il a souligné que le pape Jean-Paul II, en visitant le Maroc, avait pleinement conscience des contacts séculaires de son pays avec le monde islamique, ce qui facilita son dialogue avec le roi Hassan II et la jeunesse marocaine.
Le ministre Marcin Bosacki a attiré l’attention sur les tensions croissantes, les conflits et les phénomènes de radicalisation dans le monde contemporain, en soulignant l’importance particulière du dialogue entre l’Europe et le monde musulman ainsi qu’entre l’Europe et l’Afrique. En se référant au message de Jean-Paul II, il a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas laisser les convictions religieuses être appropriées par des extrémistes, soulignant par ailleurs l’importance de la coopération internationale dans les domaines de la sécurité, notamment pour lutter contre la radicalisation, la migration illégale et la traite des êtres humains.
Le cardinal Grzegorz Ryś a souligné que le message du pape adressé au peuple marocain restait cohérent avec les valeurs qu’il prônait déjà lors du Concile, telles que la liberté de religion et de conscience. Il a remarqué que le roi Hassan II et Jean-Paul II souhaitaient tous deux dépasser une histoire difficile pour regarder vers l’avenir.
Pour conclure l’événement, l’ambassadeur Tomasz Orłowski a souligné que la rencontre entre Jean-Paul II et le roi Hassan II constituait un acte de courage majeur des deux dirigeants dans le contexte de la situation internationale tendue des années 1980. Il a mis en avant le rôle particulier du monarque marocain comme leader ayant initié un dialogue interreligieux de portée mondiale. Il a également rappelé l’importance du Maroc en tant qu’État à forte identité et passerelle naturelle entre le monde islamique et le christianisme.
 

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